Expo·Photo

Postcard from nowhere, Vik Muniz – Ode à un Paris de cartes postale

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Hier j’ai poursuivi mon petit programme d’expo parisienne pour ce mois d’août avec la Saison Brésilienne de la Maison Européenne de la Photographie. Je ne connaissait aucun des photographes de l’expo, mais je n’ai jamais été déçue par ce que j’ai pu voir là. J’y allais curieuse et optimiste.Et une fois de plus la programmation a été à la hauteur de ce à quoi je suis habituée ici. La principale exposition, Marcel Gautherot, auteur de reportages au Brésil, il y vivait, est très intéressante, même si l’aspect reportage documentaire est parfois trop présent à mon gout, j’ai été frappée par la beauté classique mais efficace des cadrages et de la composition. Sa série sur la construction de Brasilia est remarquable. Très impressionnante. L’idée même de Brasilia m’intéresse beaucoup, je suis plutôt contre l’idée de cette capitale sortie de terre au milieu de nul part. Mais son architecture hyper puissante, au milieu de ce nul part est sidérante.

Mais le photographe qui m’a le plus plu est Vik Muniz. Détourné des objets, matières, documents pour créer une œuvre est un procédé classique mais la façon dont il l’emploi est particulièrement réussie.

Des reproductions de ses œuvres sont facilement trouvable sur internet. Mais je voulais parler ici de celle qui m’a le plus frappée. Elle est issue d’une série intitulée Postcard from nowhere. Et ça commence déjà à être intéressant. Car cette photo est celle d’un assemblage de cartes postales de Paris, découpées et assemblées pour créer une carte postale de Paris. Pas vraiment « Nul part ». Le procédé est remarquable. Il représente un travail que l’on devine titanesque. Collecter les cartes postales. Les découper pour avoir tout les éléments qui figureront dans l’œuvre finale. Les mettre en place. Photographier l’ensemble terminé parait presque anecdotique.

Ma première pensée va pour David Hockney et son Grand Canyon reconstitué à partir de très nombreuses photos du canyon, littéralement quadrillé. Le procédé est très similaire. Il s’agit de deux reconstitutions à partir d’éléments symbolisant/figurant ce qu’ils vont montrer une fois assemblé. Le travail de préparation est monstrueux dans les deux cas. Collecter les cartes postales. Prendre les photos. La comparaison ne s’arrête pas là.

Il s’agit de deux lieux, Paris, le Grand Canyon très touristique, ils font partie de ces lieux de cartes postales, photographiés un nombre de fois incalculable, absolument inimaginable. La mise en abime est parfaite.

Ce qui diffère ici avec le travail de Vik Muniz est que la représentation de Paris varie sans doute de la vérité géographique de la ville. La Tour Eiffel, la Défense, le Louvre ne sont probablement pas là où ils devraient être. Et ça serait peut être un travail intéressant à faire de comparer le plan au travail de l’artiste. Mais cette imprécision probable souligne, avec virtuosité, ce que ce travail met en avant. C’est un Paris de cartes postale fabriqué avec des cartes postales. C’est une ville fantasmée. Ce que les touristes s’imaginent quand ils reçoivent une carte postale de Paris.

Les promenades le long de la Seine sont mes préférées. J’aime flâner sur les berges, les antique bouquinistes, j’ai de l’affection pour leurs fausses affiches attrape touristes. Je ne m’y fait pas prendre. Mais j’ai de l’affection pour ça. Pour ce Paris qui maintient une façade, jusqu’à qu’on soit confronté à la réalité de la ville. A commencer par les odeurs. Bam ! Retour à la réalité. Mais rien ne vaut le soleil froid d’hiver quand on traverse le pont au change où le soleil qui frappe la pierre blonde (cette pierre de Paris, je l’aime profondément, je ne cesse de trouver qu’elle est la plus belle) du Louvre côté Seine. C’est ce Paris de carte postale auquel Vik Muniz renvoie ici. Et c’est extrêmement réussi. Ça faisait longtemps qu’une œuvre contemporaine ne m’avait pas cueillie, et rien que pour ça je continuerait de fréquenter assidument la MEP à la recherche de nouveaux photographes que je ne connais pas encore à découvrir et à aimer.

L’exposition est visible jusqu’au 28 aout.

 

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