Expo·Photo

Josef Sudek – Jeu de Paume

Josef-Sudek

Ça n’a pas été simple de me mettre à écrire ce post. J’ai vu l’expo il y a une semaine vers la fin de mes vacances parisienne, elle m’a beaucoup plu. Je ne connaissais pas du tout Josef Sudek et son travail m’a profondément interpellée. Il oblige à un pas de côté. Il est un pas de côté. Je crois que je n’avais jamais vu un photographe dont l’œuvre soit aussi singulière. Mais j’avais déjà Iggy Pop en tête quand j’ai voulu me mettre à écrire à son propos, et, ça ne venais pas.

Photographe du début du XXème siècle qui a pris des cours, l’art assez daté (déjà) de la nature morte lui a été enseigné. Libéré de ses études, il tente de s’extraire du carcan dans lequel il a été enfermé et se met à photographier les habitants de sa ville, Prague. Il va notamment dans un hôpital pour invalides, lui même a du être amputé d’un bras pendant la première guerre mondiale. Jusqu’au début des années trente il suit donc une voie souvent utilisée en photo. Ce début de siècle est aussi propice aux photos de paysages aux tirages souvent spectaculaire (dans ce genre, j’aime énormément ceux d’Edward Steichen). Il en fait de magnifique.

Mais quand après cette première partie de carrière il revient à la nature morte et à sa ville, son travail devient vraiment singulier. Certaines photos font penser à celles de Moholy-Nagy où de Man Ray. Mais là ou il se distingue c’est quand il commence à considérer le sujet humain comme anecdotique, quand il ne le nie pas complètement. Jamais je n’ai vu ça. Parfois une personne perdu à l’arrière plan. Le hasard. Mais on ne s’y arrête pas. Jamais. L’humain n’est pas là pour structurer la photo, pour lui donner un sens. Il réalise une longue série sur les travaux de la cathédrale de Prague, de la pierre, de la lumière, des ombres. Il s’installe dans un atelier dans lequel il va commencer à accumuler un nombre invraisemblable d’objet dont il ne veux pas se séparer. Et ça va beaucoup lui servir.

Pendant toute la guerre, contraint par les circonstances il entame un travail sur la fenêtre de son atelier. Il dispose quelques objets sur le rebord intérieur. La condensation sur la vitre, ce qu’on devine du jardin. La contrainte, comme très souvent avec les artistes de talent le pousse à créer une série remarquable qu’il continuera bien après la guerre. Enfin il faut que je parle de ses photos de nuit. J’adore les photos de ville la nuit. Paris par Brassaï. Merveilles absolues. Et j’ai retrouvé ça avec Josef Sudek. Des qu’il n’y a plus de couvre feu, les photos nocturne prisent de l’intérieur de son atelier reviennent dans la rue, le pavé humide, les fenêtres éclairées, plus où moins nombreuses. Et là aussi c’est magnifique.

Expo visible jusqu’au 25 septembre.

Jeu de Paume – Josef Sudek

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