Acteurs·Cinéma

Hotel Singapura – Lost in translation

Synopsis :

C’est le premier jour d’Imrah comme femme de chambre à l’Hôtel Singapura. Dans la suite n°27, un groupe de pop est venu fêter le nouvel an. Parmi eux, leur chanteur Damien est dans un état second quand il croise Imrah dans le couloir. Bien plus tard, dans ce même hôtel, une japonaise laisse filer son amant, un travesti reçoit son dernier plaisir avant l’opération, une touriste couche devant son meilleur ami… Mais toujours Imrah, en rangeant la chambre, se souviendra de sa rencontre avec Damien.

Attention spoiler !

La bande annonce, le synopsis, il faut bien admettre que tout ça est très racoleur. Il ne m’en fallait pas tant pour me décider à aller voir le film. J’aime beaucoup les films sur les hôtels. Mais pas seulement les films. J’aime les livres qui en parle. J’aime l’idée de l’hôtel. Je me suis demandé un instant devant le film ce qui me plaisait tant là dedans. Après tout, qu’est ce que c’est un hôtel ? Un immeuble dans lequel on paye pour dormir. Rien de très … fascinant. Non, ce qui me séduit, ce qui me parle et comme à beaucoup de gens qui partage ça, sans doute, c’est l’histoire glorieuse du luxe des grands hôtels. Ces lieux, où, dans les grandes capitales en général et à Paris en particulier où au bord de la mer, la meilleure société logeait, et parfois à demeure. Le côté début de siècle.

Au début du film, changement immédiat d’imagerie. C’est très, très glauque. Un couloir plus que décrépit. Les gémissements d’une femme, les grincements d’un lit. Explicite. On rentre dans la chambre. Même état que le couloir. Un homme, en sale état, regarde le couple, très recouvert, on ne voit rien. Cadrage resserré sur l’homme assis « Once upon a time » commence t’il. « Ça à été un grand hôtel, aujourd’hui il tombe en ruine ». Et générique. Et c’est partit. Enchainement de scène, toujours la chambre 27 en décor. Et cet homme, Damien, en fil rouge. On traversent les décennies. On perd le fil. Sixties, seventies, tout allait encore bien, après on n’a plus de repaires. Ça s’accélère à la fin, l’hôtel tombe en ruine. Effectivement. La seule chose qui ne change pas c’est le visage fatigué, cerné, de Damien, sa chemise à imprimé cachemire. Il observe et s’ennuie, profondément, visiblement. Parfois il s’amuse un peu, mais ça ne dure jamais. C’est un personnage très attachant. Il ne dit pas grand chose, c’est plus une présence qu’un personnage en réalité.

J’ai assez vite pensé à Lost in Translation. Cet air de Droopy que Damien a en commun avec le Bob Harris de Bill Murray. Et cet ennui, holala, cet ennui. Abyssal. Ils partagent ce désabusement, la présence d’une femme vient leur redonner une sorte d’élan. Amour platonique des deux côtés. Plus fouillé chez Sofia Coppola, mais très explicite dans Hotel Singapura, même si les deux personnages on très peu de présence commune à l’écran. Il y a ce truc entre eux. Trois sourires, deux regards, et c’est plié. Un prénom, un carnet. Une mélodie, et voilà. Le rapprochement s’arrête un peu là. On ne sort pas de l’hôtel et à peine de la chambre 27 à Singapour, alors que l’on vas dans Tokyo avec Lost in translation. Damien est bloqué là où il est. L’hôtel qui tombe en ruine ensuite. Le passé glorieux et la chute.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s