Acteurs·Cinéma

Truffaut – Ozon, une filiation.

Si le cinéma de François Ozon me parle tant ce n’est pas seulement pour lui. C’est aussi pour l’héritage qu’il porte. Je n’ai pas tout vu d’Ozon, et c’est un tort. Je n’en ai vu certain qu’une seule fois (Angel, Le temps qui reste) et ce n’est pas faute de les avoir appréciés. J’ai énormément vu 8 femmes. C’est un de mes films préféré. J’aime son côté fédérateur. Comme Potiche. Je ne me lasse pas du duo Catherine Deneuve/Gérard Depardieu. Leur couple de cinéma qu’ils soient amants, anciens amants, fonctionne toujours à merveille. Mais quand je les vois ensemble dans Potiche je pense à Truffaut. A son parfait Dernier métro. Que j’ai vu, revu, rerevu tellement de fois que j’ai perdu le compte depuis très longtemps. Ce n’est pas eux que j’aime le plus ici, c’est Lucas Steiner. Mais il faudra que je lui consacre un article entier. Le personnage le mérite. Oui, je le considère comme étant plus qu’un personnage.

Mais Ozon. Dans 8 femmes, déjà Catherine Deneuve et, la plus belle, la dernière compagne de Truffaut, Fanny Ardant, sulfureuse, amoureuse. Belle. L’hommage d’un François à l’autre avec le plan sur le visage bouleversé/bouleversant de Fanny Ardant adossée à un rideau de velours rouge digne d’un théâtre, en entendant la réplique culte de la pièce du dernier métro « C’est à la fois une joie une souffrance ».

Ce que je préfère chez ces deux réalisateurs, c’est que leurs cinémas ne sont pas d’un seul bloc. Les proportions sont presque inversées chez eux, mais Truffaut comme Ozon pratiquait à la fois des films très personnels, L’histoire d’Adèle H, La chambre verte, L’enfant sauvage, par exemple. Et d’autre très fédérateur, parfois quand il ne s’y attendait pas. L’énorme surprise des 400 coups, Le dernier métro. Deux films où il a mis énormément de lui, au point de les considérer comme étant personnel. Ils sont les énormes succès critique et public que l’on sait. Et puis les plus évidements voués à la réussite. Les Doinel, La nuit américaine, Jules et Jim… Souvent il alternait un film personnel dont il était sur qu’il rencontrerait peu de succès et des films qui « rempliraient les caisses » de sa maison de production. Chez François Ozon, il me semble (je n’ai donc pas tout vu, contrairement à Truffaut) que les films personnel l’emporte amplement. Dans les films évidement voués à la réussite, 8 femmes, Potiche, peut être Sous le sable. Voir Swimming Pool. Mais qu’il soit capable de faire des films aussi fédérateur que ces deux premiers et d’autres aussi dur que Le temps qui reste, me plait infiniment. Là où certain réalisateurs (que je peux très bien apprécier, aimer, là n’est pas la question) joue sur un seul registre, lui sait varier son répertoire. Vous l’aurez compris j’aime ça chez Truffaut. Même quand je n’aime pas les films (La chambre verte, au secours !), j’ai de l’admiration pour cette capacité à la variation. Et il n’y a pas de raisons pour que ça ne me plaise pas autant chez Ozon.

Pourquoi est ce que je parle d’eux deux aujourd’hui ? J’ai vu Frantz hier. J’ai commencé par voir l’affiche, le noir et blanc. Et puis Pierre Niney qui m’avait tellement plu dans l’ Yves Saint Laurent de Jalil Lespert. J’ai une tendresse et une reconnaissance infinie pour Monsieur Saint Laurent. J’en parlerais. Et puis François Ozon à la réalisation. C’était parti. Le noir et blanc, le français brun, l’allemand blond, la camaraderie. Une femme, entre eux, pas physiquement entre eux, mais elle est là. L’Allemagne et Paris. La guerre. Jules et Jim. Je n’y ai pas pensé constamment, mais c’est là. C’est une évidence. Et puis Adèle H. Le deuil impossible. La femme qui se consacre à l’absent. A celui qui ne reviendras pas. A un moment, prise par la flagrance de l’instant, je me suis dit « Ozon a fait son Adèle H ». Et puis.

Non. Pas de spoil. Aller le voir.

Une autre chose qui me plait chez Ozon. Parfois dans ce type de film il te laisse te débrouiller à la fin. N’apporte pas de réponses. Il laisse la porte ouverte à ton imagination. Cette façon de ne pas fournir de morale. Je ne peux pas penser à la place d’un autre. Encore moins à la place d’un mort. Mais je crois que Truffaut avec son exigence, sa sévérité extrême avec ses confrères, aurait aimé ses films.

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