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Loïc Prigent, portraitiste de la mode

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Loïc Prigent, par quoi est ce que j’ai commencé ? Un peu les « Habillés pour ». Mais surtout les « Jour d’avant ». Le concept ? Il est dans le titre. Quelques jours avant un défilé, Loïc Prigent se rend dans une maison de mode et filme. Il filme le/la créateur/trice. Au travail, en train de stresser. En train de tout faire refaire, où presque. Parfois de tenter de se détendre. Et jusqu’au salut final et l’effusion d’après défilé. Et puis les petites mains. Les couturières. « Le jour d’avant » c’est une plongée dans le cœur du problème, dans les ateliers. Passionnant. Filmé avec talent. Loïc Prigent est présent, très présent, mais pas intrusif. Car les gens lui font confiance. On les vois travailler comme des dingues, avec de plus en plus d’intensité au fur et à mesure, jour et nuit. Toute la nuit grâce au soutien d’équipes extérieures à la maison. Et le désespoir de celles qui reviennent le matin et constate que ça va pas du tout. Il va tout falloir refaire.

Les images qui me restent des « jours d’avant » que j’ai pu voir. Anna Wintour fait le tour des maisons de couture quelques jours avant les défilés. On lui fait une présentation personnelle. Elle arrive chez Jean Paul Gaultier « Rien n’est prêt ! » s’exclame t’il. « Comme d’habitude. » répond elle. Chez Gaultier, quand la première fille entre sur le podium, la dernière robe n’est pas encore finie. Loin de là. Alors quelques jours avant… Nathalie Rykiel qui a isolé dans une pièce toutes les robes, les essais et le casting du défilé secret hommage au quarante ans de la maison. Tout le monde est au courant. Sauf sa mère. Il faut absolument l’empêcher de rentrer dans la pièce. La surprise est sauvée, in extremis. Les filles entre sur le podium, vont jusqu’à Sonia, la salue. Reviennent. L’émotion, dingue. A Rome, le casting du défilé Fendi, Karl Lagerfeld repère une fille embauchée sans discussion. Il la prend à part, lui demande si elle sera à Paris pour la fashion week. Elle lui répond que bien sur. Elle habite Paris. Très bien, il la veux pour Chanel. Le lendemain elle est la première au maquillage. Je pourrais continuer un moment.

Lagerfeld. J’ai très peu de souvenirs de « Signé Chanel ». Mais j’ai vu plusieurs fois Karl Lagerfeld se dessine (à voir et en entier içi). C’est passionnant. La confiance du créateur pour le documentariste. L’admiration et l’estime de Loïc Prigent pour le Maitre. J’aime beaucoup Lagerfeld. J’évacue tout de suite la question, ses sorties médiatiques pleines de cynisme, hyper polémique ne m’intéressent pas. A la rigueur m’agace. Mais dans le fond je m’en fiche. Non, je l’aime vraiment beaucoup. Pas hyper fan de Chanel, mais il y est contraint par les codes légendaire de la maison. J’aime bien ce qu’il fait chez Fendi. L’esthétique noir/blanc/classique with a twist de sa marque me parle énormément. Ce qui me bluffe chez lui, c’est que c’est un véritable historien de la mode. Et un dessinateur extrêmement doué. C’est ce qui frappe dans le documentaire de Loïc Prigent. Quand il dessine Coco Chanel. Christian Dior. Ines de la Fressange. En trois traits ce sont eux. Et on sait très bien que toutes les autres personnes, que nous ne connaissons pas, et qu’ils dessinent devant nous, sont aussi parfaitement représentées. C’est un vrai dialogue entre le documentariste et son sujet. Loïc Prigent questionne, demande les dessins au fur et à mesure. Karl Lagerfeld dessine et commente. Et puis, il y a ce moment, où le créateur se tourne vers la caméra qui est à côté de lui, il a des lunettes à verre presque transparent. Il est en train d’expliquer quelque chose, et son regard interrogatif « est ce que je suis assez clair ? » semble t’il demander. L’impression d’une faille dans la carapace.

Son frère ennemi. Monsieur Saint Laurent. Loïc Prigent lui a rendu un hommage extraordinaire avec « Le dernier défilé ». Le concept est simple. On voit tout le défilé. Et il est commenté par différentes personnes qui y on contribué. Mais en premier lieu un extrait de la conférence de presse où Yves Saint Laurent annonce qu’il se retire de la profession, parce qu’il. Parce qu’il n’en peux plus. C’est devenu insupportable. Alors. Audrey Marnay, qui ouvre le défilé, qui portera aussi la mythique robe de mariée Babouchka. Pierre Bergé, bien sur. Le moment où Naomi Campbell entre sur le podium vêtue de la fourrure verte du défilé polémique sur la mode des années de guerre. Ses souvenirs du scandale. Jerry Hall d’une beauté à tomber dans sa robe de satin blanc. Les smokings, du premier au dernier, toutes les filles défilent très vite les unes derrières les autres. Et le moment le plus fort, pour moi. A la fin du défilé. Yves Saint Laurent, terrifié entre sur le podium. Il est hyper tendu. C’est visiblement un enfer pour lui. Mais au bout Catherine Deneuve chante « Ma plus belle histoire d’amour ». Malgré sa panique il fini par la reconnaitre. S’avance avec un peu plus d’assurance. Pour finir de le rassurer Læticia Casta viens le soutenir. Les deux femmes lui font comprendre, que, si, il doit vraiment saluer. Les mannequins les rejoignent. L’image est tellement forte.

Enfin. Mais je pourrais continuer. Au quotidien où presque. Son compte twitter. Extrêmement drôle. Cynique, parfois cruel. Il y compile des phrases qu’il entend parmi son entourage, et je viens de lire qu’il y glisse également « ses bêtises ». Les phrases sorties de leur contexte et sans le nom des gens qui les ont prononcées. Parfois on devine clairement de qui est ce que la personne parle. Un commentaire lui demandait un jour « mais les gens ose encore parler en votre présence ? ». Oui, et heureusement. Depuis quelques années, avant juste pendant les fashion week, à présent toute l’année, il nous régalent. Il vient de sortir un livre « J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste ». Je ne l’achèterai probablement pas, j’ai de l’affection pour son mode de fonctionnement sur twitter. Quelques phrases par jours. Un véritable festival pendant les fashion week. Mais si vous le découvrez maintenant, pourquoi pas, vous avez du retard à rattraper. Et quelques fou rire. Mon préféré ? « Mon code PIN c’est Catherine Deneuve. 4829. Hyper simple à retenir. »

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