Iggy Pop·Musique

Iggy Pop, maître de la scène

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Je ne me suis pas spoilé. J’avais le concert depuis deux mois, en prévision du manque post Rock en Seine. Qui a admirablement été comblé par la captation du concert auquel je venais d’assister. Quand j’ai appris que le dvd live de la tournée Post Pop Depression, serait le show du Royal Albert Hall. Celui diffusé par Arte, et enregistré par mes soins, j’ai, comme refusé de le voir. J’attendais l’objet.

J’attendais de l’acheter pour le voir. J’ai même supprimé le fichier de mon ordinateur. Je voulais payer à Iggy ce qui lui revient avant de le voir à l’œuvre. Il le mérite tellement.

Hier matin, dans les rayons de la fnac. Plus qu’au taquet, nous étions, visiblement plusieurs fan du monsieur à errer, à la recherche du dvd en question. Introuvable. Je n’avais pas le temps d’attendre que le vendeur qui mettait en rayon les nouveautés du jour n’en arrive à lui. J’ai jeté un coup d’œil à ses bac de disques déjà étiquetés mais pas encore installés. Et il était là. Plus question de tergiverser. Je l’ai pris. J’ai été payer son dû à l’Iguane et j’ai été travailler. En attendant le soir. Quand je pourrais, lancer le concert. Monter le son. Et.

Oh merde… J’étais au concert suivant. Au Grand Rex. Et c’est comme si, comme si, je me retrouvait propulser des mois en arrière. Je suis au deuxième rang du balcon et tout à coup. Il est là. Légende. Iggy. Celui qui vient de mettre tout le monde d’accord en deux gesticulations et trois mots. Les sensations, c’est ce qui me reste essentiellement des deux heures exceptionnelles de mon premier concert de lui. Et elles viennent de me retomber dessus. Avec tout ce que j’ai lu, écouté, regardé de lui depuis tout ces mois, c’est le même effet dingue. Le même. Deux différences, notable. Même avec le son à fond (mais comment l’écouter, le regarder autrement ?) il n’arrivera jamais à me détruire les tympans, comme en mai dernier. Une semaine d’acouphènes. Et là, je le regarde vraiment. J’enregistre ce qu’il fait, ce qu’il dit, ce qu’il chante. La façon dont il gère tout ce qui se passe. Ça me servira pour la scène.

Il est plus qu’un frontman exceptionnel. Il est plus que le merveilleux chanteur d’un « supergroupe ». Il est un chef d’orchestre. Il dirige littéralement tout ce qui se passe sur scène. Un doute sur le rythme. Un besoin d’approbation. La nécessité de s’appuyer sur un autre membre du groupe. C’est à Iggy que la tache incombe. Quand il marque le rythme en chantant et dansant, il se retourne vers le groupe et tombe pile avec lui en marquant le dernier accord. Je file la métaphore ? Josh Homme est le premier violon. C’est lui qui soutient le chef en faisant en sorte que le groupe fasse corps. Son chanteur arpente l’avant scène, mais le reste est à lui, il circule, danse, indique le rythme, sourit et assure la cohésion quand le leader n’est plus là. Qu’il fasse le tour de la salle, aille se frotter aux petites anglaises en les enlaçant où les embrassant, qu’il sorte de scène sur la fin de China Girl. Des qu’il faut prendre la relève il est là.

Si il ne fallait garder qu’un moment, et c’est presque impossible tellement tout s’enchaine, tant le show est au point et roule tout seul. Mais Nightclubbing. Ce passage est exceptionnel. Ce n’est pas mon titre préféré de la discographie d’Iggy (je l’aime ! Mais pas mon préféré…) mais là… La cohésion. Josh Homme impérial à la guitare. Iggy, tellement dedans. Et puis Matt Helders. Pas encore trente ans à ce moment là. Ce plan de caméra sur lui, où d’une main relâchée il assure sa partie en tapant sur une cymbale. Son gobelet dans l’autre main. En voyant Josh Homme fumer sur scène, on n’imagine vraiment pas en premier que c’est de l’eau. Et il chante. Pour lui même, pas dans le micro. Il chante, comme ailleurs. Le relâchement du musicien et l’état second dans lequel le show, le morceau le met. État second dans lequel Iggy est depuis les premiers morceaux du show. Il gère, absolument tout. Il est pleinement là. Mais la scène, le public, sa musique, l’envoie ailleurs.

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