Cinéma·Musique

Les Stones au travail

Ils n’ont rien inventé depuis… trente cinq ans. Au moins. Et, malgré ça, ils restent parmi les musiciens les plus influents, les plus légendaire. Ils sont un des rares groupes à faire partie sans contestations possible des créateurs du rock. Si leurs show, avec places vendues à prix d’or, tournées qui s’étalent sur plusieurs années et déballage de standard rock sont des merveilles aux rouages parfaitement huilés, et ce malgré l’humeur parfois souvent… boudeuse de Keith Richards et Mick Jagger des fois en pilotage automatique c’est, certes, grâce aux moyens démentiel mis en place pour en mettre plein la vue et les oreilles aux spectateurs. Mais c’est avant tout parce qu’ils sont des travailleurs acharnés.

Pendant toutes les années soixante et soixante dix, ils ont travaillés pour être « le plus grand groupe de rock du monde ». D’abord sans envisager un seul instant de se faire vraiment connaitre du grand public. Par passion. Un groupe Londonien qui donne des concerts de reprises. Et un jour Andrew Loog Oldham leur tombe dessus et les met véritablement au travail. Il les signe. Les fait profiter des connaissances acquises auprès du manager des Beatles qui lui a tout appris où presque. Et leur impose d’écrire. Mais pas tout de suite pour eux. Il enferme un jour Keith et Mick dans la cuisine de l’appartement qu’ils partagent et leurs signifient qu’ils n’en sortiront pas sans un titre enregistrable, et les prévient que ça ne parlera ni de drogue ni de sexe. Quelques heures plus tard ils auront leur premier hit avec « As Tears Go By ». Et Marianne Faithfull, protégée d’Andrew, profitera de leur premier éclair de génie.

Andrew va créer de toute pièce la rivalité entre ses poulains et les Beatles. Groupe ami, qui participera plusieurs fois aux titres des Stones, Keith et Lennon sont particulièrement proche, et les managers font en sortent que les disques ne sortent pas les mêmes semaines. La construction de la légende ne passe pas seulement par la musique. Mais c’est la base. La com autour du groupe est la pour épauler la beauté des titres et le travail en studio.

En 1968, Jean Luc Godard va filmer quelque chose d’exceptionnel. En plein tournage de One Plus One, le réalisateur ne peut pas partir de Londres à cause des mouvements sociaux. Il propose au groupe de les filmer en studio. Beggars Banquet est bouclé. Mais il reste un titre. Un titre avec lequel ils ne s’en sortent pas. Sympathie For The Devil. (Le passage du film dans la vidéo en dessous.)

http://dai.ly/x2b7acc

Voir les Stones au travail. Brian, déjà parti d’où il ne reviendra plus jamais. Mick qui lui montre sa partie de guitare. Keith qui relègue Bill aux percussions et prend la basse. Charlie qui attend, où s’acharne sur sa batterie. Mick qui invente, varie, recommence, recommence encore. Les tâtonnements des premiers jours. Le groupe qui invente devant nous un des titres les plus emblématiques de l’histoire du rock. Et à un moment Keith se lève. Tout le monde qui a travaillé avec les Stones en studio où en répétition témoigne. Au moment où Keith se lève, les choses deviennent sérieuses. Il se passe quelque chose. Le groupe se met en place et va enfin vers la forme définitive du titre.

Deux fois le groupe a vécu ensemble (où à peu près) pour faire un disque, en 72 avec Exile On Main Street et en 2005 avec A Bigger Bang. Pour des résultats parfaitement inégaux, mais ce n’est pas important. Car personne ne demande plus aux Rolling Stones d’être des précurseurs. On leurs demande de continuer. Et c’est déjà beaucoup.

La première fois en « exile » dans le sud de la France, dans la villa que louaient Keith et Anita, Nellcote. Le disque a été enregistré dans les caves, théâtre de très nombreuses expérimentations musicale. Les instruments déplacés d’une pièce à une autre pour tester la sonorité. Keith qui travaillait la nuit, alors que Mick venait enregistrer le jour. Charlie qui faisait de long aller retours quotidiens depuis sa propre maison. La cour du Roi Richards. La deuxième fois chez Mick Jagger. Lui et Keith se sont retrouvés. Et ils ont renoués avec la meilleure de leur méthode, le travail acharné.

Pendant la tournée actuelle, ils ont pris trois jours de break scénique et ont enregistrés leur nouveau disque Blue & Lonesome. Keith avait déclaré après que la décision de faire un nouveau disque ai été actée, que son rêve serait d’enregistrer le disque juste à la fin de la tournée. Quand tout le groupe serait encore dans la même énergie. Mais il y croyait peu. Il a été plus qu’exaucé.

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