Musique

Les Stones subliment le blues

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Il y a bientôt soixante cinq ans, ils étaient les membres passionnés de blues et de rock’n’roll d’un groupe de rythm’n’blues londonien qui tentait de se faire connaitre. Écumant les club, jouant au mythique Marquee. Les Rolling Stones étaient parmis les meilleurs dans leur genre. Alors qu’ils ont allègrement dépassé le demi siècle de carrière ils reviennent aujourd’hui à ce qui les a fait. Au blues.

Jusqu’à ce que les premières photos paraissent, jusqu’à la première apparition télé un très grand nombre d’auditeurs du groupe, ceux qui ne les avaient jamais vu sur scène, étaient persuadés que Mick Jagger était noir. Cette voix. Mick a une voix pour chanter à peu près n’importe quoi, il l’a prouvé. Mais là ou elle s’exprime le plus c’est dans le blues. Trainante, même quand le rythme est rapide. Son accent, même si il a travaillé dessus pour le rendre moins prononcé, ressort immanquablement quand il chante. Et puis le son de sa voix, reconnaissable entre mille. Personne ne chante comme Mick Jagger.

Aucun groupe ne sonne comme les Stones. D’abord il y a Charlie Watts, qui tiens le rythme avec son énergie et sa régularité métronomique de jazzman. Alors que le groupe était dans la tourmente, que la guerre faisait rage entre ses deux leaders, Keith Richards arrive un jour au studio ou malgré tout ils enregistrent. Depuis sa voiture il entend Charlie travailler à l’intérieur, seul. Il l’a écouté quelques minutes et c’est dit que tout irait bien tant qu’il serait là. Un batteur de jazz qui joue du blues. Mais Charlie sait tout jouer. C’est une de ses forces.

Ensuite il y a les guitares. Ce que Keith appelle le tissage. Cette façon d’entremêler les parties de guitares. Les Stones sont un « two guitar band ». Chacun est aussi important que l’autre. A part que c’est Keith le chef. Mais un chef qui ne joue pas de solo. Ça ne l’intéresse pas. Ça n’a jamais été ce qu’il fait de mieux. Il les laissent à son partenaire de « tissage ». Brian avec qui il a mis en place la technique, le prodige Mick Taylor et celui sans qui le groupe n’existerait plus, Ronnie Wood. Cette technique perfectionnée dans l’age d’or du groupe, qui a évoluée inexorablement avec l’arthrose de Keith, et le son de sa guitare qui se durcit de plus en plus, raide, sourd. Identifiable des la première note. Le tissage entre les guitares n’est jamais aussi prononcé que quand ils jouent du blues. Leur nouveau disque Blue And Lonesome en est la démonstration parfaite.

La rythmique blues, cadencée, mais souple, ce son évident, ancien, qui forme les racines du rock’n’roll. Cette dureté terrienne, propice comme aucun autre genre à la fusion entre les guitares. On comprends pourquoi est ce que l’apprentissage du groupe, son nom même viens du blues, de ces musiciens et de ces chanteurs.

Les Stones et Eric Clapton enregistraient dans les mêmes studios. Le guitariste, qui a faillit faire partie du groupe quand Mick Taylor a jeté l’éponge, qui a appris la guitare à Mick Jagger, a été convié à jouer sur deux des titres du disque. Et on sait rien qu’à l’écoute de ces titres que le groupe aurait été exceptionnel avec lui. Son talent illumine les titres sur lesquels il est là. Ses solos les sublimes. Mais c’est aussi pour ça qu’il est bon qu’il n’ait pas été pris. Et que Ronnie ait repris le flambeau. En 1975, quand il devient le deuxième guitariste du groupe, celui ci a déjà inventé tout ce qui allait faire sa légende. Il aurait pu évoluer encore, mais ce n’était pas une nécessité. Il était encore dans son age d’or, mais plus que renouveler le style du groupe, ou enfermer Clapton dans le genre « Stonien », il fallait le laisser évoluer de son côté pendant que les Stones asseyaient leur gloire.

Aujourd’hui, les Stones on sortis leur premier disque studio depuis onze ans. Et c’est une grande réussite. Ils se sont recentrés sur leurs bases, sur le blues. N’ont écrit aucun des titres. C’est un hommage de quarante deux minutes à ce qui a fondé le groupe. Les a unis pour la vie. Contrairement à de nombreux disques Keith ne chante pas. Il a rendu son hommage personnel au genre, à tout ce qui fait sa musique, l’année dernière avec le magnifique Crosseyed Heart. Là, c’est à Mick de rappeler au monde qu’il est un des plus grands chanteurs de blues de l’histoire du genre. Et de mettre tout le monde d’accord des qu’il prend son harmonica. Quelques critiques regrettent qu’il n’y ai pas de rock, rien de neuf. Mais les Stones n’ont plus rien de neuf à produire. Ils ont déjà participé aux fondations du genre. Keith Richards est l’homme qui a trouvé un des riffs les plus mythique, sans s’en rendre compte, dans un demi sommeil. Celui de Satisfaction. C’était en 1965. Ils ont fait leur part, leurs légende est inscrite pour toujours dans l’histoire de la musique. Et leur expérience de soixante quatre ans de carrière sublime le genre qui leur a donné naissance.

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