Acteurs·Cinéma·Théâtre

Présence Deneuve

Il est une catégorie d’actrices et d’acteurs bien à part. Ils sont eux même et le personnages dans chaque films, dans chaque rôles. Catherine Deneuve est de ceux là. La Reine Deneuve habite le cinéma Français, elle apporte son aura et son jeu implacable à chaque films.

Elle a cette présence folle… Même quand elle ne dit rien, même quand elle est hors champ lors d’une scène ont la sait présente. Elle hausse le niveau de jeu de tous. Et quand elle joue avec un partenaire de son niveau, alors, c’est un régal, le spectateur est happé par la scène, par le film. L’intensité de ces scènes avec Michel Piccoli, le meilleur d’Yves Montand, qui se canalisait pour elle, l’humour rigoureux de Valérie Lemercier, la splendeur Fanny Ardant. Et puis ces partenaires du Dernier Métro. Gérard Depardieu, parfaitement dirigé par Truffaut et surtout Heinz Bennent qui la met tant en valeur. Toutes et tous lui sont attentifs. Elle mène la danse. Souvent dans la retenue mais avec soudain un éclat de fureur qui balaie tout sur son passage, mettant K.O. l’adversaire, le complice, la victime.

Derrière son apparence de blonde glaciale, Catherine Deneuve cache un tempérament explosif. La fureur, mais pas seulement. La désinvolture parfois, insolente et soudaine. Peu de rôles lui ont permis de l’être d’un bout à l’autre ou presque du film. Son port de tête, sa retenue, sa rigueur froide sont ce que la majorité des réalisateurs montrent chez elle. Mais il ne faut pas oublier que la jeunesse et l’insouciance ont fait ses premiers succès. Elle est une des demoiselles de Rochefort, dansant et chantant à la recherche de son amour. Cette actrice à la vivacité désarmante ont la retrouve dans Le Sauvage, elle s’y joue d’Yves Montand, le prend par surprise. Nous prends par surprise.

Impériale au cinéma elle a avouée être terrifiée à l’idée de jouer au théâtre, la confrontation directe aux spectateurs n’est pas envisageable pour elle. Et pourtant c’est une des actrices les plus théâtrale qui soit. Son phrasé impeccable, sa voix posée, son débit de mitraillette. François Truffaut a su en faire une actrice de théâtre, au cinéma. Son personnage de La Sirène du Mississippi, voleuse, menteuse, belle est tragique. Et elle le joue en tragédienne. Dans Le dernier métro, Truffaut, passionné de théâtre, qui y a repéré tant de comédiennes y met son ancien amour sur scène. Il lui fait vivre une vie de troupe. Elle dirige, le théâtre de son mari, la vie de celui-ci, caché dans la cave. Elle impose sa loi à ses compagnons de tout les jours et fait le lien entre le véritable metteur en scène, Lucas, qui écoute les répétitions depuis sa cachette et l’intermédiaire, Jean-Loup, parfaitement interprété par Jean Poiret. Ce film, merveille de direction d’acteurs n’en briment aucuns. Chacun est une version sublimée de lui même.

Enfin, il faut souligner la capacité de Catherine Deneuve à dire les répliques les plus absurdes, les plus drôles, en gardant un sérieux impénétrable. Elle donne de la noblesse à l’humour. Son port de reine, sa diction font tout passer. Les réalisateurs, tout en jouant sur ses rôles passés, sur cette carrière extraordinaire qu’ils évoquent souvent avec humour, la tire vers un comique à double tranchant, son allure de grande bourgeoise associée aux répliques les plus décalées, qui seraient tellement attendues voir ridicules chez d’autres font mouche grâce à elle.

 

Un commentaire sur “Présence Deneuve

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s