Livre·mode

Écoute moi bien – Nathalie Rykiel

La sobriété bleu marine de la couverture Stock siée à merveille à l’écriture de Nathalie Rykiel. Bleu marine comme l’appartement de sa mère. Celui ou elle a grandit depuis le divorce de ses parents, celui en dessous duquel elle habite depuis plusieurs années. La sobriété qui repose de l’extravagance de la maison Rykiel, de sa mère, de sa folie slave, de leur folie Russe. Nathalie Rykiel parle d’elle et de sa famille depuis trois livres, l’histoire est si dense, si intense, à leur image, qu’il y a encore matière à en écrire plusieurs. Au centre de tout il y a Sonia Rykiel. Sonia qui fait défiler sa fille pour ses vingt ans, peu après la mort du père Sam. Sonia qui la jette quelques années plus tard dans les bras de Simon Burstein, le futur mari de Nathalie, le père de ses trois filles. Sonia dont sa fille s’occupera avec dévouement et tout l’amour dont elle est capable jusqu’à la fin. Jusque après la fin.

Sonia Rykiel s’est éteinte en aout 2016, chez elle, aimée, soignée, choyée par sa fille. Écoute moi bien est le récit, fait de souvenirs mais aussi de faits plus ou moins chronologiques des derniers mois de la plus grande créatrice de mode de Saint Germain des Prés. L’amour et la déchirure imprègnent chaque pages. Chaque mots.

Ecoute moi bien - Nathalie Rykiel (2)

Ce terrible jour, Nathalie Rykiel a reçue de très nombreux messages de condoléance, de gens du milieux de la mode bien sur, de tout ceux qui la connaisse, bien sur, mais aussi de très nombreux anonymes qui lui ont témoigné l’amour et la tendresse qu’inspire sa mère. Ce qu’elle a permis aux femmes d’exprimer. Ce qui permet d’être une femme sur de soi, forte, qui ne recule pas devant l’obstacle, mais aussi une femme qui ne s’excuse pas de s’effondrer d’un coup, pour rien, ou presque. Ce qui permet aussi d’être une femme désirante et désirée, une femme qui ne s’en cache pas et, assume les pires bêtises. Car elle assume son désir.

Ecoute moi bien - Nathalie Rykiel (4)

Le bel hommage à un de ces hommes qui aimait les femmes par dessus tout. François Truffaut, la magnifique, adorée, rassurante voix de François Truffaut. Le souvenir de quelques défilés emblématique du temps ou Sonia était encore la patronne. La créatrice. Et cette allusion, la mode, les défilés, c’est du cinéma. L’esbroufe, les paillettes, l’humour. Le jour terrible ou Nathalie a du expliquer à sa mère qu’elle ne pouvait plus sortir saluer à la fin du défilé. Que sa place était désormais dans la salle. Le livre, les mots passent sans cesse de la joie, de l’euphorie slave à la tristesse et à la déchéance. Le livre est slave. Comme son auteur, comme son sujet. Grandiose et terrible.

Ecoute moi bien - Nathalie Rykiel (3)

Le récit de la vie. De ce qui reste de la vie. Les souvenirs heureux qui s’entremêlent avec les signes de la maladie. Avec Parkinson. La joie d’avant, la joie fabriquée pour alléger la souffrance de la malade. Et l’horrible déchéance physique. Nathalie Rykiel, avec beaucoup d’élégance et de pudeur, nous raconte cet avant. Sincèrement. Ces états d’âme, sa relation fusionnelle avec celle dont elle s’occupe tout les jours. Celle dont elle a peur de s’éloigner, de crainte de ne pas être là, si quelque chose arrive. Quelque chose de grave. Puis il y a la fin.

Ecoute moi bien - Nathalie Rykiel (5)

Le choc de la mort de sa mère auquel elle n’avait jamais réussi à se préparer. Elle savait qu’elle n’était pas prête. Nombreux sont ceux qui lui ont dit qu’elle était immortelle. Que Sonia la Flamboyante ne pouvait mourir. Contrairement à la malade. Mais ça faisait vingt ans que la malade était sa mère. Comment est ce que ces mots auraient pu la consoler ?

Reste la vie maintenant, décrite avec la même justesse, sincérité et pudeur que celle qui parcours tout le récit. Nathalie Rykiel fait son deuil. On la sais inconsolée en refermant le livre. Et on ne peux que la comprendre. Sa mère était un monde. Son monde et le notre.

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