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Série, cinéma : esthétique 80

Les années 80 sont la décennie à la mode. Après les années 60, elles sont à leur tour dans les séries, dans les films comme dans la rue. Avec plus ou moins de subtilités les réalisateurs nous donnent des versions différentes, parfois très réaliste, d’autre fois absolument idéalisée et esthétisante. Dans la série The Americans, comme dans le film Atomic Blonde, la guerre froide est le fond de l’histoire, les personnages voient leurs vies directement influencées par ce conflit larvé, souterrain, cette guerre d’espions. Ils sont des espions.

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The Americans nous présente depuis cinq saisons une famille américaine, les Jennings, Philip et Elizabeth et leurs enfants Paige et Henry. Mais, tout de suite, on découvrent que ce n’est qu’une façade. En réalité Philip et Elizabeth sont russes, ils sont espions, des « illégaux » et leur famille, leurs enfants sont une façade. Ils ne sont même pas réellement mariés. A l’instar de Mad Men, il y a dix ans, les années 80 de Ronald Reagan sont parfaitement documentées et reconstituées ici. Le mode de vie, la décoration, les vêtements, tout est soigné, sans jamais trop en faire. Réagissant à l’actualité des années au court desquels l’histoire se déroule, années après années, avec quelques mois de coupure entre chaque saison. Le conflit entre États-Unis et URSS est au cœur du sujet. Les mentalités du couple d’espions est lui aussi représentatif de ce que l’on peut imaginer chez deux personnes vivant loin de leur pays, de leurs racines et familles depuis de nombreuses années. Puriste et résolument russe Elizabeth n’a aucune sympathie pour les États-Unis et ses habitants. Elle est là pour travailler, prête à repartir quand le mal du pays se fera trop ressentir. Philip parfois pris de doutes accomplit ses missions avec brio et précision, mais il se laisse plus couler dans le moule américain, il cherche à comprendre toujours plus la mentalité de ceux qu’il côtoie.

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La psychologie des personnages est un élément essentiel ici, le souci de réalisme est constant. On ne cherche pas qu’à nous montrer les années 80 sur le sol américain, on nous montre un couple d’espion qui pourrait être là à n’importe quelle époque, qui sont là depuis de nombreuses années et qui pourraient peut être continuer encore longtemps. L’importance de l’époque permet d’ancrer la série dans cette décennie. Mais elle est un contexte. Elle ne prend jamais le dessus.

Au contraire Atomic Blonde est constamment dans la recherche d’une esthétique des années 80, comme elle est montrée aujourd’hui, la lumière, la musique, la blondeur de Charlize Theron, qui ne cesse de rappeler Debbie Harry, sont le socle du film. Bien sur elle est espionne et à Berlin alors que le mur est sur le point de tomber, mais le souci de réalité s’arrête là.

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Cette lumière bleue, cet air glacial, les bains de glaçons que prend l’héroïne. Le procédé peut manquer de subtilité mais tout tend vers la recherche d’une esthétique résolument froide, à l’image de la Cold Wave qui compose une très grande partie de la BO, à l’image de la guerre froide qui donne un prétexte à l’histoire. Car l’histoire n’est qu’un prétexte au service d’une esthétique, d’une sublimation, d’une certaine image des années 80. Un prétexte aussi à un film d’espion on ne peut plus classique avec fusillades, meurtres en appartements, trahisons et missions en voie d’échouer avant de réussir. Avec une femme sublime, complètement badass, en tête d’affiche.

En effet Elizabeth comme Lorraine, d’Atomic Blonde, sont deux femmes qui ont le pouvoir, elles exécutent leurs missions avec sang froid et efficacité, elles dominent la situation par leur professionnalisme à toutes épreuves et se remettent vite dans les moments de faiblesse. On en revient encore aux années 80, ou esthétiquement, sublimées par la mode de quelques grands couturiers comme Yves Saint Laurent ou le trop oublié Claude Montana, les femmes envoyaient un message fort d’indépendance sculpturale.

2 commentaires sur “Série, cinéma : esthétique 80

  1. Quand les années 80 sont à la mode et quand on avait 20 ans en 1980… on se souvient qu’alors on aimant les sixties et les mods. Et on se sent très vieille…
    mais on s’en fout on va voir atomic blonde parce que Clemence nous en a donnée l’envie.

    Aimé par 1 personne

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