Hommage·Lecture du mois·Livre

Lectures du mois #2

Rol Tanguy - Sophie Fontanel - Pérez-Reverte - Colette et les siennes.JPG

Rol-Tanguy – Roger Bourderon (2004)

Le colonel Henri Rol-Tanguy est de ces véritables héros dont ont ne parle pas assez. Dans ce livre d’histoire, Roger Bourderon retrace, avec le témoignage constant de Rol-Tanguy lui même et celui de sa femme Cécile, son parcours, d’abord l’enfance, mais surtout son engagement constant. De 1925 quand il découvre le militantisme communiste et devient dans les années qui suivent un leader syndicaliste dans les usines ou il exerce sa profession de métallo, puis pendant la guerre d’Espagne ou après plusieurs demandes de sa part le parti l’envoie. Il y est commissaire politique, garant du moral des soldats, au plus près d’eux il prendra une balle dans l’épaule, balle qui y restera toute sa vie. En 1939 au retour d’Espagne, il s’engage sans hésitation dans la résistance et sera en tant que chef régional des FFI le meneur de l’insurrection parisienne, apprenant à la population comment attaquer l’ennemi, la soutenant dans ses actions et faisant venir au plus vite l’armée des alliés sur Paris, alors qu’elle était en train de contourner la ville. Militant communiste après sa mise à la retraite de l’armée régulière, il n’a pas cessé de penser par lui même, refusant que les militants comme les combattants et les soldats lors de son engagement résistant et militaire ne soit traités comme une masse. Résolument humain, il a veillé à ce que la lutte soit affaire de bonne entente entre les hommes et pas une application aveugle d’ordres inconsidérés. Son esprit libre et sa hauteur de vue sont probablement à l’origine de la méconnaissance aujourd’hui de son parcours. Grâce à Roger Bourderon et à l’extraordinaire témoignage direct du colonel Rol-Tanguy, son sens de l’honneur, du devoir et son importance nous sont montrés ici.

Colette et les siennes – Dominique Bona (2017)

Lire ici l’article consacré à ce livre qui soulevait bien trop de questions et de sujets pour un résumé ici même.

Le maître d’escrime – Arturo Pérez-Reverte (1988)

L’évidence fini par apparaitre à la relecture de ce vieux roman d’Arturo Pérez-Reverte : il est un descendant littéraire d’Alexandre Dumas. Les romans d’aventures, les personnages types, la mort, les femmes et des hommes, vieux loups solitaire, qui tout d’un coup voient leurs vies prendre une tournure folle. Tout les rapprochent. Ici, dans le Madrid de la deuxième moitié du XIX ème siècle, un vieux maître d’escrime, un véritable expert, maître dans tout les sens du terme, va se retrouver embarqué dans une histoire de mort, alors qu’il ne pensait plus que ça pourrait se produire. La passion et la pratique de l’escrime de Pérez-Reverte se fait sentir à chaque instant. Autant que les personnages, elle sous tend l’histoire. Avec Le maître d’escrime, cet art devient un personnage. A bientôt trente ans le livre n’a pas perdu de son charme, il vieillit avec grâce, cette grâce un peu fanée et simple de l’homme dont il porte le titre.

Une apparition – Sophie Fontanel (2017)

A l’été 2015 Sophie Fontanel a entamé un processus qu’elle a documenté sur son compte instagram. Après des années de teinture brune elle a simplement arrêté. Mais elle n’a pas coupé ses cheveux courts comme les commentateurs de ses posts le lui suggéraient fréquemment avec plus ou moins de tact. Elle a laissé pousser ses cheveux blanc en faisant seulement couper les pointes  au fur et à mesure. Le processus a duré un an et demi. Un an et demi pendant lequel elle aura expérimenté les regards, souvent curieux, parfois franchement désapprobateur, mais aussi, et c’est ce qu’il faut retenir, elle a encouragée avec sa démarche, avec son allure, plusieurs femmes à faire de même. A assumer. Dans Une apparition elle raconte ce cheminement, elle raconte comment est ce qu’elle entreprit d’apparaitre. Car l’apparition c’est elle. Elle se dévoile à elle même, elle en observe les effets sur les autres, les femmes, mais aussi les hommes, certain ridiculement dégoutés, d’autres, sans préjugés, qui se laissent séduire et qui la séduise. Cette année et demie de processus capillaire, mais aussi de regard sur soi, sur la société et le regard des autres se dévorent en quelques heures. Sophie Fontanel met des mots sur les doutes des si nombreuses femmes aux cheveux blanc, ou en voie de l’être, sans chercher à démontrer quelque chose, sans juger, elle leurs montre que les cheveux blanc sont une option. Une option on ne peux plus valable.

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