Cinéma

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120 battements par minutes – Robin Campillo

120 battements par minute

Il est de ces films coups de poing, de ces films dont on sait avant d’aller le voir qu’on n’en ressortira pas intact. Pas intact, mais pas brisé non plus. Des les premières secondes on est avec les personnages, au cœur de l’action. Ils sont bien plus que des personnages, ils sont des gens, avec lesquels on va passer plus de deux heures, des gens qui ont existé, qui existent encore pour certain d’entre eux, à qui Robin Campillo et ses acteurs rendent le plus beau des hommages. Car les activistes d’Act Up méritent ce film. Leurs actions qui ont fait avancer la cause, qui continuent de la faire avancer sont aux cœur de l’histoire. On est cachés avec eux avant une action, on est confrontés à la violence, l’incompréhension, la riposte condescendante avec eux.

Le parti pris du réalisateur nous placent dans le film, les spectateurs sont invités dans les réunions, on assistent à tout, des recherches de slogans à la première nuit d’amour du couple qui nous guident à travers la partie fictionnelle de l’histoire. Car tout est un tissage subtil entre fiction et réalité. Chaque personnages à l’écran est probablement le portrait d’un des activistes de l’époque. Parmi eux : Sean, qui représente Cleews Vellay, deuxième président de l’association. C’est probablement une évidence pour ceux qui ont connus cette époque, c’est facilement trouvable pour ceux qui cherchent à le savoir aujourd’hui.

Le film est bien fictionnel mais il a tout du documentaire, la réalisation au plus proche de l’action et des personnages, les actions filmées en plein cœur et leurs debriefings souvent nerveux en réunion. La maladie. On a conscience de voir une histoire. Mais une histoire vraie, une histoire violente et nécessaire. Le film est nécessaire, pour comprendre comment ça c’est passé, comment ça se passe encore. Pour se rappeler que même si les choses avancent, la recherche patine encore et qu’il est nécessaire de toujours prendre le sida en compte.

A lire ici ce beau post de blog en souvenir de l’époque qui nous est montrée

Le film en est à sa troisième semaine d’exploitation en salle. Allez-y.

Barbara – Mathieu Amalric

Barbara Amalric

En amoureux transi de son sujet, Mathieu Amalric a réussit son chef d’œuvre. Dans ce film qui raconte l’histoire d’un film, qui raconte l’histoire de Barbara et qui devient ce film sur Barbara tout s’entremêle. Comme La nuit américaine est un des films les plus réjouissant et heureux de François Truffaut, on ne cesse de se réjouir devant Barbara. La réalisation, Jeanne Balibar exceptionnelle, qui a réussit à trouver la voix de la chanteuse en parlant, mais aussi en chantant. Et tout le monde sait à quel point il est facile de rater ça. Quelle subtilité dans l’inflexion il faut mettre pour chanter Barbara, et comment toute la chanson tient sur sa voix, le rythme se crée à partir d’elle, les paroles prennent tout leur sens, toute leur ampleur, grâce à elle.

A un moment l’actrice interprétée par Jeanne Balibar demande à son réalisateur, Mathieu Amalric « Vous faites un film sur Barbara, ou vous faite un film sur vous ? » « Mais c’est pareil ! » répond il. Et, oui, c’est pareil, ici tout parle de Barbara, mais tout parle de la fascination du réalisateur pour son sujet. La fascination Barbara opère pendant tout le film. Cette séduction qu’elle opérait sur tous ou presque, enveloppante, fantasque, brillante et traqueuse au possible, hurlant sur tout ceux qui lui tombe sous la main, au premier incident, quand l’heure de la scène approche. Mathieu Amalric, à l’écran, fasciné par son sujet mais aussi par son actrice qui se fond dans son rôle, fantasque comme elle, fasciné par elle, devenant elle au fur et à mesure du tournage. Cet instant ou après une scène et au cour du démontage du décor, elle suit le piano emmené par les techniciens, veillant sur lui, comme si elle devait le protéger.

Surtout le film n’oublie pas de parler de ce moment ou la voix de Barbara a commencée à la trahir. Même si on s’arrête avant qu’elle ne se brise. On ne brise pas un rêve, on ne brise pas un fantasme. Au contraire, on le renforce, et Mathieu Amalric n’oublie pas de rappeler son engagement auprès d’Act Up et aussi des femmes en prison auxquelles elle donnait des concerts sans en informer la presse. Barbara était une femme entière, sincère, secrète, capable de grande colères, juste ou non. Barbara était fascinante. On ressort de la salle encore plus amoureux d’elle.

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