Iggy Pop·Musique

L’heure d’Iggy

 Iggy Pop Huma 2017

Au fur et à mesure de la journée l’excitation monte, par à coup, c’est le jour J. C’est le jour d’Iggy. Ceux qui savent, savent, ceux qui ne l’ont jamais vu ne peuvent imaginer ce qui les attends. 

Il n’a pas joué depuis au moins dix jours, il s’est ajouté une date française à la fin de sa tournée d’été, est revenu des États Unis, repart le lendemain. C’est l’Huma, il y a dix ans il y était avec les Stooges, c’était un autre temps, une autre époque, depuis la mort de Scott Asheton le groupe n’avais plus de raison d’être. Il s’est monté un groupe de tournée, l’âge et le lâcher prise l’ont un peu changé physiquement, mais il est toujours le même : généreux, taillé pour la scène, heureux d’y être.

Au fur et à mesure de la journée, on décompte les heures, à H-2 ça monte d’un seul coup. On sait qu’on aura I Wanna Be Your Dog et The Passenger. Pour le reste il est seul maître à bord. On sait qu’il mêlera titres Stooges et solo dans une setlist punk où il se ménagera un où deux titres plus calme pour souffler, se laisser respirer. À la fin du concert précédent on s’approche de la scène, absolument pas réceptif à ce qui se passe sur scène. Certains mangent quelque chose, boivent une bière. Le concert se fini, le public reflue c’est le moment de se frayer un chemin à travers la foule, retrouver un emplacement stratégiquement choisi. On parle, on parle, l’excitation n’en fini plus de monter, les roadies sont à l’oeuvre sur scène. Le présentateur nous annoncent celui que nous n’en pouvons plus d’attendre. Et il est là.

Il bondit, s’accroche à son micro, nous apostrophe, nous crucifie en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Ceux qui l’on déjà vu retrouvent cette sensation familière et délicieuse. L’Iguane est là. Pour nous. Il s’occupe de tout, on a juste à se laisser faire, chanter, danser, lui hurler notre amour. Ceux qui le voit pour la première fois comprennent enfin ce qu’on a essayé de leur expliquer. Iggy Pop se vit. Sinon on ne peut pas comprendre. Il habite la scène, l’atmosphère est électrique dès qu’il est là, sur scène, hurlant, bondissant, se jetant sur la scène, se roulant dessus, la fouettant avec une tringle. Torse nu, toujours, mais on sait bien qu’il ne laisse plus son pantalon descendre tout seul depuis quelques années. Ça ne l’empêche pas de se frotter contre son pied de micro et de nous allumer autant qu’il peut. Et tout est sous contrôle. Il gère le show. Le groupe lui obéit au doigt et à l’œil, et nous avec, le patron est à l’œuvre et on le suivrait aveuglément.

Tout va très vite, et même si on savourent chaque instant, chaque titre, on connaît la construction de ses setlists, il faut en profiter encore plus au moment où il entame Mass Production. A la fin il sortira, reviendra, nous achèvera en trois titres et ça sera fini. Alors on danse on chante, on l’aime autant qu’on peut, on le regarde autant qu’il est possible de le faire. Et puis ce sont les derniers instants, il salut, nous parle une dernière fois et sort en brandissant le poing. Une fois de plus il a mis tout le monde d’accord. À terrassé tout ceux qui l’aimait déjà et tout ceux qui commencent désormais à l’aimer.

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