Livre

Lectures du mois #3

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Tatouée sur canapé, Clémentine D. Calcutta (2017)

A vingt cinq Clémentine D. Calcutta a commencer à encrer ses passions, ses obsessions, son humour dans sa peau. De shop bien propre, aux tatouages exécutés par elle même sur sa cuisse, ou par ses proches, et jusqu’au plus récent, son dos, réalisé par Lo Sashimi, une amie de son compagnon, devenue son amie et sa tatoueuse à domicile. L’érudition, la liberté, le corps de Clémentine sont son art de vivre. Dans Tatouée sur canapé elle nous livre chronologiquement les circonstances et significations de chacun de ses tatouages. Ses réflexions, et l’apaisement qui s’installe chez elle, au fur et à mesure qu’elle s’encre, au fur et à mesure qu’elle va mieux. Authentique, sincère et lettrée, parfois gainsbourienne, pour notre plus grand bonheur, mais toujours pudique, elle se livre à nous, s’explique à nous.

Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, Georges Pérec (1975)

Précurseur de La vie mode d’emploi, ce livre est une expérience faite par le très parisien Georges Pérec. Assis à la même table de café, arrivant le matin, repartant dans l’après midi, il s’est essayé à dresser un inventaire de ce qui c’est passé place Saint Sulpice pendant trois jours. Il y énumère les bus qui passent, s’en lasse et passe à autre chose avant d’y revenir. Les gens, les rues d’où ils viennent, celles d’où ils repartent, les voitures. Les tours de place des pigeons. Les événements liés à l’église. Tout y passe. En listant tout les micros événements pendant trois jours, Georges Pérec note également ses réflexions sur cette expérience. Il s’interroge sur ce que lui même fait, il note ses lassitudes et les limites de l’exercice. Même en tentant de tout noter et décrire, il ne peux pas le faire. Le réel à ses limites, que la fiction pourra abolir.

Les Panthères grises, Patrick Eudeline (2017)

Patrick Eudeline a un style identifiable entre tous. Il tisse les mots dans un maillage rock et nerveux, on le reconnait aussi surement qu’un solo de Jimmy Page ou une guitare entre les mains de Keith Richards. Il y a un rythme Patrick Eudeline, une sonorité. Les Panthères grises n’échappe pas à la règle, même ailleurs que dans son Pigalle, à Lille en l’occurrence, il s’approprie les lieux, nous y emmène, on voit d’autant plus ce qu’il veut dire quand on y habite. L’histoire se dévale comme un riff rock des années soixante dix, remixé aujourd’hui. Les personnages, vieux rockeurs, toujours épris d’une vie faite de musique, d’amitié fraternelle, de souvenirs racontés mille fois et toujours délicieux, nous emmènent avec eux, ont les aiment pour eux, mais aussi pour tout ceux auxquels ils nous font penser. On voit l’auteur lui même marchant dans Pigalle, étui à guitare à la main, on voit tout ces rockeurs parisien, un peu fatigués et dépités, mais toujours debout, au service du rock, vivant par et pour lui.

Voyage à Bordeaux – Voyage en Champagne – Jean Paul Kauffman (1989-1990)

On peut hésiter avant de se lancer quand on est un simple amateur sans connaissances particulières. Mais ça serait dommage de se priver de la lecture de cette réédition des voyages, découvertes et rencontres de Jean-Paul Kauffmann. Son style direct et didactique d’ancien journaliste est fait pour intéresser même les néophytes. Certes la lecture doit être encore meilleure quand on est un connaisseur. Mais comme un bon vin, le lecteur appréciera quelques soient ses connaissances. Avec l’auteur on voyage à travers les cépages bordelais et champenois, on apprend l’histoire des grandes maisons, on se prend d’affection pour tel où tel personnages. On met le doigt sur ce qui fait le nerf de la guerre entre Bordeaux et Bourgogne. Mauvaise foi et rivalité légendaire sont au programme. Ça ne manque pas non plus de rivalités quand on part dans les vignes Champenoise, l’histoire des grandes maisons, mais aussi des villes qui voudraient avoir inventé ce champagne qui fait leurs gloire mondiale.

L’affaire Arnolfini – Jean-Philippe Postel (2016)

Les époux Arnolfini sont un des chefs d’œuvre les plus indiscutables de l’histoire de la peinture. Dans ce livre l’auteur s’attache à en déceler tout les mystères. Il développe des thèses, parfois bancale, mais ne manquant pas d’intérêt. Il lui manque la rigueur de l’historien qui lui fait rejeter une thèse au profit d’une autre qui lui plaît plus d’un point de vue romanesque. Mais il a le mérite d’interroger sur un tableau parmis les plus mystérieux. Grâce à lui on se penche sur une œuvre aimée, on y réfléchit vraiment. Les détails historique et les connaissances sur le tableau à travers les siècles (bien maigre, mais tout de même intéressantes et exploitables quand il s’agit d’en comprendre la signification) rachète les faiblesses des partis pris de l’auteur.

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