Documentaire·mode

Saint Laurent/Van Noten, la mode par deux

Yves Saint Laurent dessins

Dries Van Noten arte

Arte a diffusé hier soir deux documentaires précieux, deux documentaires qui parlent de mode, de créateurs qui ont fait et continue de faire la mode. Les dessins d’Yves Saint Laurent par Loïc Prigent, beauté hagiographique à souhait mais où tous les compliments et l’amour pour celui qui en influence encore tellement sont mérités, et Dries Van Noten – Maitre flamand de la mode, on l’on suis le processus de création de l’anversois, au sein même de son studio, dans les coulisses des défilés et jusqu’à son atelier de broderie à Calcutta.

Loïc Prigent s’est fait admettre par les maisons de coutures et les créateurs grâce à son expertise, son professionnalisme et son amour sincère de la mode. C’est grâce à cette estime mutuelle que Pierre Bergé lui a fait ouvrir les archives dessinées de la fondation Bergé-Saint Laurent. On voit pour la dernière fois dans un documentaire inédit le patron, visiblement affaiblit, mais toujours prêt à bondir à la moindre erreur de l’intervieweur, défendant bec et ongles le talent et la fulgurance de celui qu’il a soutenu jusqu’à la fin. Celui qui lui en aura fait voir de toutes les couleurs. Yves, Monsieur Saint Laurent.

Le documentaire est empreint d’amour, quand Loïc Prigent tache de parler des travers du créateur, et encore, bien faiblement, en évoquant juste la dépression et la souffrance psychologique que pouvait être sa vie, il est confronté à un mur quasi infranchissable. Pierre Bergé admet du bout des lèvres que son protégé n’a jamais vraiment été heureux. Mais des qu’il s’agit de poser la question à monsieur Jean Pierre et madame Catherine, respectivement premier d’atelier tailleur et première d’atelier flou, l’admiration pour celui qui est resté leur patron, même après sa mort, leur interdit presque de mettre des mots sur son mal de vivre. Le tabou est le plus fort.

Le respect infini de ceux qui ont connu Yves Saint Laurent se comprend à chaque instants. En voyant son travail on se demande constamment si un créateur de mode arrivera de nouveau un jour à son niveau. Tout le monde évoque la même chose en premier quand il s’agit de son travail. Le tombé des vêtements. Et on comprend enfin comment est ce qu’il arrivait à cette perfection en regardant ses dessins. Tout part de là. Tout part de la tête et des épaules, il commençait par là et le vêtement tombait littéralement. Et les ateliers devaient suivre au millimètre près ce qu’il avait dessiné. Aucun début d’approximation n’était toléré. Immédiatement sanctionné par un « Regardez le croquis ». En entendant la phrase prononcée par ses premiers d’ateliers on imagine immédiatement la scène, on entend la voix de monsieur Saint Laurent. C’est la grande force de ce documentaire. Il n’est plus là, mais il est partout, vivant à travers ses archives, à travers la mine de son crayon. Toujours influent, toujours le seul patron.

Le documentaire est visible jusqu’à dimanche sur le site d’Arte en suivant le lien si dessous.

Les dessins d’ Yves Saint Laurent

Le documentaire complet sur youtube

Yves Saint Laurent dessins 2

Yves Saint Laurent dernier défilé

Dries Van Noten - Le maître flamand de la mode

Dries Van Noten – Le maitre flamand de la mode, également diffusé hier soir, nous donne à voir une autre façon de travailler, tout autant d’exigence passionnée, mais un point de départ différent. A l’origine il y a le tissu. La richesse du tissu, la variation des matières est ce qui fait la force du créateur Belge. Les vêtements sont créés par la matière. Bien sur ils tombent avec élégance et goût, mais ce n’est pas ce qui est recherché en premier. L’harmonie entre les couleurs, entre les motifs, associés aux tissus, les créations du couturier sont à l’image de son mode de vie.

Le documentaire s’attache à le suivre, dans son travail, bien sur, mais aussi un peu dans sa vie quotidienne. Le voir créer les bouquets de fleur qui participent de la décoration de la maison ou lui et son compagnon vivent, c’est comme le voir essayer d’associer deux vêtements, deux tissus. Il faut qu’il y ait un dialogue entre deux éléments. Pas de clash, une réponse. Une fleur jaune répond à la tapisserie jaune d’un fauteuil. Deux motifs à carreaux manque de subtilité et il faut trouver une solution avec les autres tissus prévus pour la collection.

Aussi exigeant qu’attachant, c’est un plaisir de voir Dries Van Noten au travail. Échangeant avec son équipe, demandant manifestement leurs avis à ceux qui l’entoure. Se reposant sur ses collaborateurs les plus proches quand arrive le moment où il faut éliminer des créations du défilé. Le faisant la mort dans l’âme, mais toujours avec cette conviction de faire ce qui est juste et dans le respect du travail accomplit par chacun. Bien sur il décide. Mais la parole semble libre au sein du studio. Et quand le moment du défilé arrive il faut le voir, stressé comme tous, se noyant dans l’organisation et le travail. Fébrile jusqu’au moment d’aller saluer brièvement, et se relâchant enfin quand il revient et rituellement embrasse son compagnon.

Le documentaire est également visible jusqu’à dimanche.

Dries Van Noten – Le maitre flamand de la mode

FASHION-FRANCE-DRIES VAN NOTEN

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