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L’immortel esprit d’Yves Saint Laurent

 

Yves Saint Laurent est mort il y a dix ans. Il avait fait des adieux déchirants à sa profession huit ans auparavant. Un dernier défilé à Beaubourg, un défilé rétrospectif, une conférence de presse gravée dans les mémoires. Et depuis dix ans les hommages, les expositions, les documentaires, les films, nous on fait comprendre que son esprit est immortel. Il n’est plus là, mais il est partout.

Toute sa vie, Yves Saint Laurent a forgé son style, il a créé tant de robes, tant de smokings, tant de pièces iconiques, tant de liberté qu’il est au-delà de la mode. Il le disait, le répétait à qui voulait bien l’écouter, et tout le monde voulait l’écouter, « Les modes passent, mais le style demeure. » Rien ne dit aussi bien l’œuvre de sa vie.  Car, on le sait bien, presque tout ce qu’il a dessiné est encore portable aujourd’hui. Et ce qui ne l’ait pas a toujours été œuvres d’art.

L’art a irrigué sa vie. D’abord, ce portrait devenu icône par Bernard Buffet. Le jeune homme, encore sage et en devenir, de 1958 qui vient de succéder à Christian Dior à la tête de sa maison. Le jeune homme dont Pierre Bergé, alors compagnon du peintre s’éprend. Celui qu’il va porter et soutenir jusqu’au sommet et jusqu’à la fin. Ce portrait première pièce d’une collection d’art qui deviendra culte, comme tout ce qu’il touchait, tout ce qu’il faisait, tout ce qui venait de lui. Collection que Pierre Bergé ne vendra qu’après la mort d’Yves Saint Laurent. Le portrait, bien sur, demeure. Il trône désormais dans le studio reconstitué de l’avenue Marceaux, à sa place.

portrait d'Yves Saint Laurent par Bernard Buffet

Deux ans après la mort d’Yves Saint Laurent, Pierre Bergé lui rend un hommage vibrant au Petit Palais. Une rétrospective y est organisée. Les visiteurs suivent son parcours. De l’enfance à Oran jusqu’à la dernière robe. Tout ce qui fait le mythe Yves Saint Laurent est montré. Les années Dior, les premiers pantalons, les réactions à cette audace illégale de dire aux femmes qu’elles peuvent porter un pantalon, toutes les pièces iconiques, les robes du soir, le mur de smokings. Sa table de travail et déjà le portrait. Les femmes qui l’ont entourées. Loulou de la Falaise, Betty Catroux,  Catherine Deneuve, Laetitia Casta. Tant d’autres. Et à travers elles, toutes les femmes qui savent ce qu’elles doivent à celui qui fit du prêt-à-porter un art à sa mesure. Une démocratisation de son style qui le rendit si accessible.

Inimitable, mais tant copié hier, comme aujourd’hui. Personne ne dessine des vêtements comme Yves Saint Laurent le faisait. Personne n’a cette capacité à faire tomber le tissu comme il en était capable. Et ce n’est pas faute de voir les dessins, d’écouter ses anciens premiers d’ateliers, au premier rang desquels Monsieur Jean Pierre, premier d’atelier tailleur, avec qui il a travaillé pendant trente-sept ans. Ce n’est pas faute de voir tous les documentaires qui lui sont consacrés. Loïc Prigent, contribue à cette célébration du couturier. Face à l’œuvre il oublie son humour décapant et nous montre l’héritage et le souvenir. Il ne parvient pas à faire dire les travers d’Yves Saint Laurent. Dix ans après sa mort le sujet est toujours tabou pour ceux qui l’ont côtoyé et sont devenus les gardiens du Temple. Ceux qui continuent de le protéger au-delà de la mort.  Pierre Bergé n’est plus là pour le faire, mais tous ceux qui l’aiment, qu’ils l’aient connu ou non, passe outre les défauts, nombreux pourtant. Il est trop important pour qu’on lui en tienne encore rigueur.

Hier lieu d’expositions temporaires sa maison de couture de l’avenue Marceaux est devenu un des deux musées qui lui sont consacrés. Celui de Marrakech, près de son cher jardin Majorelle, rend hommage à un des endroits ou il a été le plus heureux. Le travail qui l’a tenu debout pendant les quarante deux ans de sa carrière et le Maroc qu’il a tant aimé.

Il disait « Je ne saurais pas quoi faire. Je ne pourrais pas vivre sans faire de robes. » La déclaration était prophétique. Il est mort huit ans après ses adieux à cette profession qu’il a tant aimée, à celle qui lui a donnée la force de vivre. Son héritage et son esprit sont toujours bien vivants, et nous font oublier que dix ans se sont écoulé depuis ce funeste 1er juin 2008.

 

 

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