Documentaire·Série

Pose, le voguing sur le devant de la scène

Pose, la nouvelle série de Ryan Murphy (Glee, American Horror Story…) est diffusée depuis le 3 juin aux États-Unis et ce mercredi 6 juin sur Canal Plus Séries. Débutant en 1986, la série explore l’univers du voguing. Même si les premières minutes du pilote font craindre le pire et une débauche de glamour inappropriée, le premier épisode se révèle vite intéressant et donne envie de poursuivre.

Pose s’ancre dans les années 80. Décennie à la mode dans la fiction, après le semi-réalisme de The Americans, Glow et Atomic Blonde pour le cinéma, on retrouve ici les codes qui installent dans l’époque. Les vêtements, les villes, les attitudes. On ajoute la musique en bande-son et cette lumière bleue qui rappelle l’univers de la New Wave et on est dans les années 80. Ou plutôt, on est dans le fantasme de ces années. La preuve avec cette scène qui nous met face à une caricature de Gordon Geko presque tout droit sorti de Wall Street, Michael Douglas en moins. Mais Pose nous plonge dans cet univers que après quelques minutes qui font craindre un mélange incongru et disproportionné entre la réalité du milieu LGBTQ New-Yorkais qui pratiquait le voguing dans les ballrooms de Harlem et le show de Ru Paul. L’équilibre se fait rapidement, et le spectateur assiste à un savant dosage entre esthétique récente des séries et réalité sociale de la communauté montrée à l’écran. Prostitution, sida, misère et débrouille obligatoire.

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pose série

Certaines séries actuelles ont une esthétique qui tranche radicalement avec le réalisme parfois troublant auquel nous avons été habitués ces dernières décennies. Débutée, il y a déjà près de vingt ans avec Les Soprano, cette mouvance de la fiction ancrée dans la réalité se poursuit et avec brio. Mais après quelques années où elle a été cantonnée à un registre bien plus léger (entre Gossip Girl, Glee…) la série glamour et esthétisante s’empare de sujets plus graves. Nola Darling n’en fait qu’à sa tête, le film (1987) de Spike Lee, adapté par lui-même en série l’année dernière, et maintenant Pose, en sont deux des exemples les plus marquants. Derrière des apparences légères les difficultés de personnes discriminées et racisées sont montrées avec peu de détours.

Pour apporter une nuance nécessaire à Pose on peut voir (ou revoir) Paris Is Burning, le documentaire formidable (primé à Sundance) de Jenny Livingston. Tourné dans la deuxième moitié des années 80 et sortit en 1991, il montre très précisément le phénomène du voguing et de la communauté LGBT New-Yorkaise. On y découvre le système des Houses, véritables familles d’adoption, l’ambiance des Balls et les difficultés constantes des personnes que l’on voit pendant près d’1h30.

Il est visible intégralement dans la vidéo ci dessous (en anglais, sans sous titres) ou ici sur Netflix.

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