Cinéma

Romy Schneider entre fiction et réalité

Sorti le 13 juin dernier 3 jours à Quiberon a été célébré lors des Lola (équivalent Allemand des Césars). Sept récompenses, dont le meilleur film, la meilleure actrice et la meilleure réalisation, en oubliant pas les seconds rôles et la technique. Mais il a aussi soulevé de vives critiques, au premier rang desquelles Sarah Biasini, la fille de Romy Schneider. À l’heure où les films montrant la vie de stars iconiques ne sont plus majoritairement des biopics le débat est forcément vif.

Romy Schneider à vif

En avril 1981, alors qu’elle suit une cure à Quiberon, Romy Schneider est en plein divorce. Elle accepte par amitié pour le photographe Robert Lebeck de répondre à une interview pour le magazine Stern. Le film se concentre sur ce que son titre annonce, les trois jours passés à Quiberon entre l’arrivée des journalistes et le départ forcé de l’actrice. Son état, à l’écran, est éprouvant. Elle apparaît dans ce qui pourrait être le fond de la dépression. Elle va encore s’aggraver dans les mois qui suivront au décès de son fils. Bien que n’étant pas hagiographique, et s’attirant ainsi les foudres, on ne peut plus légitime, de Sarah Biasini, le film n’est pas à charge contre Romy Schneider. Il faudrait être très mal informés pour ne pas savoir qu’elle était malheureuse et vivait mal les contradictions de son existence.

La fiction dans la réalité

L’état de l’actrice et les questions posées par Michael Jürgs ne sont pas complaisantes, loin de là. Il pousse la star dans ses retranchements, elle se livre sincèrement en retour. Même si, comme à l’accoutumée, elle évite le sujet fâcheux de sa période Sissi après y avoir répondu dans la première question.  Le film, d’Emily Atef est défendue par elle face aux critiques comme une œuvre de fiction. Elle a pleinement raison, et c’était manifestement la seule manière de montrer Romy Schneider. Qui pourrait prétendre comprendre et montrer exactement la vie de l’icône aux prises avec sa vie chaotique ? À l’image du Saint Laurent de Bertrand Bonello, l’heure n’est plus à l’idéalisation et à l’oubli délibéré des défauts de ceux qui ont fait de leurs vies et de leurs métiers, une œuvre à part entière. Aimer un artiste n’est pas forcément nié ses travers. Emily Atef et son actrice principale Marie Braümer se sortent brillamment de ce piège. Restent quelques défauts, long de près de deux heures, le film a ses longueurs. Il n’est pas donné à beaucoup, de pouvoir filmer le mal de vivre pendant deux heures en instaurant un rythme qui accroche le spectateur du début à la fin.

3 jours à Quiberon est un film réussi. Manifestement empreint d’amour et de tendresse pour Romy Schneider, mais ne se voilant pas la face. L’actrice avait ses démons. Tout le monde le sait, et les critiques auraient été toutes aussi nombreuses si Emily Atef était resté en surface. Marie Braümer est convaincante. Son travail sur son personnage est remarquable. Son accent, sa ressemblance qui saute aux yeux sous certains angles, son incarnation jusque dans la posture, tout est remarquable et seuls les fans qui ne seront jamais satisfaits s’offusqueront.

La traduction de l’interview de Romy Schneider par Michael Jürgs pour Stern est lisible ici, en deux parties : partie 1, partie 2.

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s