Musique·The right time

The right time #4

Mass est une œuvre unique. Elle porte la marque de son compositeur, Leonard Bernstein. Elle réunit tout ce qu’il était, tout ce qu’il fit pour populariser son art. C’est l’énergie bouillonnante et la passion folle d’un des plus grands chefs d’orchestres de l’histoire qui transcende la musique. Et pour son concert de clôture de la saison 2017/2018 l’Orchestre National de Lille et son chef Alexandre Bloch ont su incarner la fougue de l’œuvre et de l’esprit de Bernstein.

Pendant près de deux heures la musique devient épique. Le Récitant, dont le compositeur disait qu’il était une extension de lui-même, porte un plastron, un gilet et un nœud papillon qui le rappelle immédiatement à tous. Le compositeur et chef, mort il y a près de vingt huit ans, le juif américain va nous dire la messe.

La bande enregistrée, le Récitant, l’orchestre, l’œuvre commence comme un grand spectacle. Soudain, des tambours se font entendre… dans la salle ! Tous se retournent, un deuxième orchestre et son chœur se mettent en place au balcon et Mass prend une tournure extraordinaire. Le quatrième mur est abattu. La musique est partout et plus personne ne sait ou donner de la tête. Quand on se retourne vers Alexandre Bloch, on ne peut plus dire qu’il dirige, il danse ! Il swingue ! La musique le transporte, ses plus de deux cents interprètes avec lui et la salle avec tous !

Mass est le doute et la ferveur. L’hébreu se mêle au latin, à l’anglais et à la langue de Bernstein. Les textes liturgiques sont dits, chantés et constituent un point d’opposition au chœur de rue, tout droit sorti de West Side Story. Quand ils se réunissent, tout bascule de nouveau. Le chœur s’empare de l’avant-scène, le chef se laisse emporter par la musique, il jette sa veste à terre fait signe à la salle d’applaudir pendant qu’il y accoure, le paroxysme est atteint et… tout retombe. Le chœur s’effondre, l’orchestre et le Récitant reprennent, mène Mass jusqu’à sa fin et aux paroles « Go in peace », c’est l’ovation. Les spectateurs sont debout. Dix minutes pendant lesquelles personne ne veut faire cesser la folie de l’instant. Alexandre Bloch retient à grande peine ses larmes, le Récitant est applaudi à tout rompre. L’orchestre et les chœurs sont célébrés, et c’est au son des guitares électriques, de la batterie et du clavier reprenant leur thème principal que la salle se vide, doucement, encore sous le choc heureux de ce cadeau de Bernstein. La musique qui transporte et fait tout oublier.

Les photos du concert du 30 juin sont visibles ici.

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