Cinéma

« Au poste ! » parenthèse absurde.

La bande-annonce dit tout. Et rien. Au poste ! n’est pas résumable. C’est un flic qui interroge un suspect. Toute l’histoire tient en moins de dix mots et pourtant quand on a écrit ça, on a certainement pas dit le délire absurde et hilarant de Quentin Dupieux.

Une histoire pour prétexte

Benoît Poelvoorde est un champion de la promotion. Immense bavard, drôle à n’en plus finir, intelligent et très bon client c’est un bonheur pour journalistes. Et heureusement. Car il a eu la très difficile mission de parler d’un film dont on ne peut rien dévoiler sans tout trahir. L’interrogatoire est un prétexte. Le support du délire qui surgit dès les premières secondes pour ne plus s’arrêter. Au micro d’Augustin Trapenard (Boomerang du 28 juin) il disait « On ne peut pas faire mieux que Garde à vue, alors on a fait autre chose. » Il ne pouvait pas mieux résumer le concept. Toute personne qui a vu le film de Claude Miller, où Lino Ventura interroge Michel Serrault un soir de réveillon du nouvel an, y pense immédiatement devant le pitch d’Au poste ! Et comme le dit Poelvoorde, le chef-d’œuvre est indépassable.

L’absurde cinéphile

Alors l’absurde. Celui décapant qui rappelle les frères Coen. Mais aussi des références directes à Buñuel. Qui a vu Le charme discret de la bourgeoisie sera comblé. Le film de Quentin Dupieux est plein d’inventivité, mais est aussi manifestement un film de cinéphile. Le décor qui nous plonge dans une ambiance décrépie de fin des années 70, début 80. La caricature de flic joué par Benoît Poelvoorde, qui nous régale de bêtise affichée et de certitude condescendante. Il est d’une justesse totale. Il a ce talent pour la caricature à peine exagérée indispensable à la réussite du film, du rôle. Et toute la distribution est à la hauteur. Grégoire Ludig en suspect est parfait, à la hauteur de l’absurdité de son partenaire. Le couple de flics joués par Marc Fraize et Anaïs Demoustier est une merveille de ridicule. Et le plaisir se poursuit jusqu’à la lecture du générique de fin, ou surgit Alain Chabat, pour emporter le spectateur dans un dernier éclat de rire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s